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Les pigeons ont une place dans mon coeur. Depuis que je suis petite ils sont dans mon quotidien, comme tous les enfants j'ai courru après eux ou j'ai essayé de les approcher avant qu'ils ne s'envolent... comme tout enfant je leur ai jeté des miettes de gâteau, un reflexe d'empathie normale, que nos enfants ont naturellement. Encore aujourd'hui je leur accorde un grand interêt.

Il n'est pas rare de voir des personnes agées ramener du pain sec spécialement pour venir nourrir leurs protégés.

Ce geste qui est adorable est-il pour autant adapté ?

Les pigeons sont nos compagnons de ville, et toute personne équilibrée a envie de les aider, de les nourrir et de les protéger. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut faire n'importe quoi.

Essentiellement granivore, les pigeons des villes peuvent aussi se nourrir d'un peu de verdure.

Ils ont essentiellement besoin de proteines végétales, de graisse, de sel, de vitamines... bref on retrouve cela dans un mélange de graines adaptées.

Pour le sel, pas besoin d'en distribuer, comme je l'ai dis, il y en a dans les graines.

En aucun cas le pain ou les gâteaux contiennent ce dont le pigeon a besoin pour vivre, de plus, ces aliments très peu interressant nutritionnellement, sont trop riches en sucre et gonflent dans l'estomac des oiseaux. Cela leur apporte une sensation de satiété et ils ne cherchent plus de nourriture alors qu'ils en ont encore besoin.

Pour parler du côté légal, il faut savoir que de nos jours il est interdit de nourrir les pigeons, que ce soit avec de la nourriture adaptée ou pas.

« Il est interdit de jeter ou déposer des graines ou nourriture en tous lieux publics pour y attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels », stipule l’article L. 1311-2 du Code de la santé publique.

Alors, je vais me positionner à ce sujet. La raison de cette interdiction, est le surnombre de volatiles en ville. Cela cause des nuisances et apparement pourrait propager la grippe aviaire.

OK

Donc, comme les gens ont tendance à faire preuve de spécisme je vais tourner la chose différemment pour vous expliquer mon point de vue.

Imaginez que les chats errants soient aussi un problème de santé public, et qu'il soit interdit de les recueillir ou de les nourrir, que feriez vous ?

Vous les laisseriez crever de faim dans la rue devant vos enfants ?

Ou vous outrepasseriez la loi ?

Et pour des chiens ?

Je vous laisses y réfléchir, mais en ce qui me concerne, je me fiche totalement de cette loi qui n'est pas prête de m'empêcher de venir en aide aux animaux quels qu'il soient.

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Pour revenir à nos moutons, pigeons pardon, si le coeur vous en dis de devenir des hors la loi et de risquer une amende de 183 euros comme tous ces délinquants de papie et mamie au grand coeur, vous pouvez acheter des melanges de graines pour tourterelle au rayon animalerie. Ou vous pouvez confectionner vous même des mélanges.

Les graines adaptées sont : l'Orge, le Maïs, lentilles, tournesol...

 

Vous avez peut être déjà entendu de cet homme remarquable qu'est Giuseppe, un sans domicile amoureux des oiseaux qui leur consacre toute sa vie.

Il rencontre de nombreuses difficultées, des violences physiques et verbales lui sont adressées quotidiennement de la part des passants qui veulent l'empêcher de nourrir les pigeons. Heureusement beaucoup de gens lui apportent du soutien. Si vous aussi l'histoire de cet homme au grand coeur vous interesses, allez visiter  SA PAGE FACEBOOK ICI

Et son site de soutien ICI

Il existe des associations de protection des pigeons comme Lapalomatriste ICI

Alors n'hésitez plus à communiquer sur le sujet, à aller expliquer aux gens pourquoi il vaut mieux donner des graines que du pain dans l'interêt des oiseaux.

Je finirais cet article avec un poème de Jean de la Fontaine, merci à tous de m'avoir lu.

 

 

 

Les deux Pigeons


Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre.
L'un d'eux s'ennuyant au logis
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ?
Voulez-vous quitter votre frère ?
L'absence est le plus grand des maux :
Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux,
Les dangers, les soins du voyage,
Changent un peu votre courage.
Encor si la saison s'avançait davantage !
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau
Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau.
Je ne songerai plus que rencontre funeste,
Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut :
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut,
Bon soupé, bon gîte, et le reste ?
Ce discours ébranla le coeur
De notre imprudent voyageur ;
Mais le désir de voir et l'humeur inquiète
L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point :
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ;
Je reviendrai dans peu conter de point en point
Mes aventures à mon frère.
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère
N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint
Vous sera d'un plaisir extrême.
Je dirai : J'étais là ; telle chose m'avint ;
Vous y croirez être vous-même.
À ces mots en pleurant ils se dirent adieu.
Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage
L'oblige de chercher retraite en quelque lieu.
Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage
Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage.
L'air devenu serein, il part tout morfondu,
Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie,
Dans un champ à l'écart voit du blé répandu,
Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie :
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las,
Les menteurs et traîtres appas.
Le las était usé ! si bien que de son aile,
De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin.
Quelque plume y périt ; et le pis du destin
Fut qu'un certain Vautour à la serre cruelle
Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle
Et les morceaux du las qui l'avait attrapé,
Semblait un forçat échappé.
Le vautour s'en allait le lier, quand des nues
Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues.
Le Pigeon profita du conflit des voleurs,
S'envola, s'abattit auprès d'une masure,
Crut, pour ce coup, que ses malheurs
Finiraient par cette aventure ;
Mais un fripon d'enfant, cet âge est sans pitié,
Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié
La volatile malheureuse,
Qui, maudissant sa curiosité,
Traînant l'aile et tirant le pié,
Demi-morte et demi-boiteuse,
Droit au logis s'en retourna.
Que bien, que mal, elle arriva
Sans autre aventure fâcheuse.
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ;
J'ai quelquefois aimé ! je n'aurais pas alors
Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,
Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux
De l'aimable et jeune Bergère
Pour qui, sous le fils de Cythère,
Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah ! si mon coeur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ?
Ai-je passé le temps d'aimer ?

 

Jean de la Fontaine


Les Fables IX

 

 

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